Le coma “irréversible” est-il vraiment une mort ?

synthèse de presse bioéthique sur genetique.org

La question demeure controversée. « Quand un être humain a perdu la capacité de conscience, maintenant et dans le futur, nous devrions le considérer comme mort. Mais c’est vraiment plus un jugement moral qu’un fait biologique ». Robert Truog, bioethicien de l’Université d’Harvard, a publié récemment un article dans le Journal of the American Medical Association, attirant l’attention sur les ambiguïtés de la « mort cérébrale ».

Les débuts de la respiration artificielle dans les années cinquante ont permis de maintenir en vie des personnes atteintes de lésions cérébrales graves qui auparavant seraient mortes d’un arrêt respiratoire. Sont arrivés alors les premiers questionnements éthiques : ces personnes auraient-elles voulu être ainsi maintenues en vie ? Devons-nous le faire ? La première transplantation cardiaque en 1967 a élargi le champ des possibles, avec « la question de savoir si les donneurs étaient morts au moment où le cœur a été enlevé, ou si c’était l’ablation du cœur qui a effectivement tué les donneurs ».

Et c’est là que réside toute l’interrogation, non résolue à ce jour : alors que l’industrie actuelle des transplantations a besoin des organes de ces patients, on ne sait pas dire si la mort cérébrale équivaut à une mort biologique.

En 1968, un comité de Harvard Medical School a publié un document historique intitulé « Définition du coma irréversible ». En plus de la définition traditionnelle de la mort –perte de la fonction cardio-respiratoire–, ce document introduit pour la première fois la notion de mort cérébrale, comme « perte de la fonction neurologique ». Ce comité est alors clair sur les critères permettant de diagnostiquer l’inconscience irréversible d’un patient. Mais ce n’est pas « juste parce que quelqu’un est inconscient en permanence, qu’il est ‘mort’ », et le comité tout en définissant les critères du coma n’a osé aller jusqu’à dire qu’il s’agissait d’une forme de mort. C’est l’origine d’une controverse, qui dure depuis 50 ans. « Ce lien, entre être irréversiblement inconscient et être mort, n’a jamais vraiment été fait de manière convaincante ».

En 1981, une commission présidentielle, mal à l’aise avec l’idée que des individus soient déclarés morts sur un simple jugement moral, a cherché « un moyen de considérer la mort cérébrale comme un fait biologique ». James Bernat, neurologue, a alors avancé que les lésions cérébrales graves étant généralement suivies d’un arrêt cardiaque cela prouvait que mort cérébrale et mort biologique n’étaient qu’une seule et même chose. Mais les avancées médicales cardiaques d’aujourd’hui contredisent totalement cette hypothèse, puisqu’il est possible aujourd’hui de faire vivre le corps de quelqu’un pendant plusieurs années.

Un exemple troublant est celui de Jahi McMath : les parents de cette jeune fille, en état de mort cérébrale depuis presque cinq ans, diagnostic de décès à l’appui, ont refusé le débranchement de sa ventilation artificielle, et elle a vécu, a grandi, atteignant même la puberté. Elle montrait régulièrement des signes de conscience, bougeait un peu… Elle est finalement décédée le 22 juin dernier d’une insuffisance hépatique.

Mais affirmer cette différence entre la mort cérébrale et la mort biologique, cette conscience que le corps est encore en vie, remet ispo facto en cause le don d’organes. Qui aura jusqu’au bout cette audace ?Source

Publié dans AOUT 2018 | Commentaires fermés sur Le coma “irréversible” est-il vraiment une mort ?

Il revient à la vie après 15mn d’EEC plat

Il se nomme Trenton McKinley, est âgé de 13 ans, et son histoire défie les connaissances médicales actuelles. Elle remet aussi en cause les conditions légales des prélèvements d’organes.

Un adolescent jugé cliniquement mort sort du coma peu avant d’être débranché.
Les parents du jeune Trenton McKinley s’étaient même engagés par écrit à donner ses organes à cinq enfants malades dans le même hôpital. Mais pas spontanément. Ils avaient été convaincus par les médecins que leur fils était condamné à un statut de légume. La mère de l’adolescent affirme n’avoir accepté que pour gagner un peu de temps.
Source

Trenton McKinley a rapporté quelques impressions de son séjour ‘post-mortem’ : “Je marchais tout droit dans un vaste champ, j’étais au paradis..

Son cas n’est pas exceptionnel. Il relance le débat sur la définition légale de la mort. L’affaire remet en cause la pratique désormais courante de l’extraction d’organes sur des humains en état végétatif, même lorsque l’électro-encéphalogramme est resté plat pendant une quinzaine de minutes..

Le concept de “mort cérébrale” est mal défini, et reste vague. Il sera différemment apprécié selon les hôpitaux, car tous n’ont pas les mêmes critères. Ce terme introduit en 1968 ne servait qu’à justifier les transplantations d’organes, qui supposent habituellement l’extraction d’organes vitaux sur le corps d’une personne qui respire encore et dont le coeur continue de battre, ou quand le respirateur vient juste d’être débranché.

Le Dr. Paul Byrne, professeur réputé de l’Université de Toledo, et président de la Life Guardian Foundation, nous avait déclaré en 2011 : “Tous les acteurs dans ce domaine de la transplantation d’organes savent bien que les donneurs ne sont pas vraiment morts. Comment pourrait-on récupérer des organes fonctionnels sur un cadavre ? C’est impossible.Source américaine

Publié dans MAI 2018 | Commentaires fermés sur Il revient à la vie après 15mn d’EEC plat

Son cœur s’arrête de battre pendant 18 heures, il survit

La belle histoire de ce quinquagénaire est encore sur toutes les lèvres, au CHU de Montpellier : un homme de 53 ans, dont le cœur s’est arrêté pendant 18 heures, a survécu, pris en charge par les médecins de l’hôpital Lapeyronie, relate Midi Libre.

L’équipe a été stupéfaite”, confie au quotidien régional le docteur Jonathan Charbit, le chef du service réanimation. “C’est aussi une aventure médicale et humaine incroyable.

Sauvé par son hypothermie

Le 12 mars, à Béziers, une famille est inquiète : un homme, attendu chez son frère, a disparu. En retraçant son chemin, ils tombent sur lui, inanimé, au bord d’une rivière. Le quinquagénaire est en arrêt cardiaque, et la température de son corps est tombée à 22°.

Pendant plus de quatre heures, les secours vont pratiquer un massage cardiaque sur cet homme, en vain. Ce n’est que de longues heures plus tard, 18 heures environ, que l’Héraultais reviendra à la vie, sauvé, pensent les médecins, par… son hypothermie. “Ce monsieur, qui avait une chance de réveil nul, est dans son lit, vivant. Il est en train de se remettre de ses émotion“, reprend le docteur, interrogé par le journal régional.

Un cas qui doit faire l’objet d’une publication dans une revue spécialisée internationale. – Source

Publié dans Avril 2018 | Commentaires fermés sur Son cœur s’arrête de battre pendant 18 heures, il survit

Une fillette nait d’un embryon congelé pendant 24 ans

C’est le signe évident que la cryoconservation n’a pu détruire les éléments nécessaires à la vie, qui s’est trouvée comme suspendue pendant un quart de siècle. La préservation d’embryons fécondés pose un autre problème, celui de laisser indéfiniment des êtres en situation indéterminée.

Après 24 ans de congélation sous forme embryonnaire, Emma est née en 2017 d’une jeune américaine née en 1991. Un possible record mondial, selon l’association à l’origine du transfert d’embryons.

Emma est issue d’un embryon congelé le 14 octobre 1992 et décongelé 25 ans plus tard par Carol Sommerfelt, directrice du laboratoire du NEDC, le 13 mars 2017. À la suite de l’implantation de 3 embryons congelés, une femme américaine s’est ainsi retrouvée enceinte d’Emma.

Le directeur marketing de la NEDC, Mark Mellinger a expliqué à l’AFP mercredi 20 décembre 2017 que Tina Gibson et son mari avaient sélectionné l’embryon sur la base de ses caractéristiques génétiques, sans savoir depuis combien de temps il avait été congelé.

Avant d’être transférée dans l’utérus de Tina au Centre national de dons d’embryons à Knoxville plus tôt cette année, Emma a été cryoconservée pendant plus de 24 ans. Il s’agit de “l’embryon qui a été congelé pendant la plus longue période de temps à venir au monde”. Un précédent record serait celui d’un garçon né à New York en 2011 d’un embryon congelé durant 20 ans.Source avec AFP le 21.12.2017

Publié dans DECEMBRE 2017 | Commentaires fermés sur Une fillette nait d’un embryon congelé pendant 24 ans

La Vie au Coeur des Soleils

L’explosion des supernovas projette dans l’espace les ingrédients de la vie

Des chercheurs ont analysé les différents éléments de Cassiopée A, les vestiges de l’explosion d’une supernova, à 11 millions d’années-lumière de la Terre. Les résultats sont étonnants.

D’où viennent les éléments essentiels à la vie sur Terre? De l’intérieur des étoiles, ces forges stellaires qui, lors de leur explosion, propulsent dans l’espace des quantités astronomiques de matières, dont ceux nécessaires à la fabrication de l’ADN. Quand une supernova explose, elle expulse dans l’espace tous les composants génétiques permettant le développement de la vie, du moins telle qu’on la connait sur Terre.

Le Tableau des éléments éjectés, en proportions.

C’est ce que révèlent les données récoltées par l’observatoire de rayons X Chandra, un télescope spatial de la Nasa, qui a pointé ses capteurs vers l’un des objets les plus connus de notre Galaxie, Cassiopée A, dans la partie nord de la constellation de Cassiopée. Cet immense nuage de matières est le résultat de l’explosion d’une supergéante rouge, à 11.100 années-lumière de la Terre, dont la lumière nous parvient depuis 1680 ans environ.”

Tous les ingrédients nécessaires à l’ADN

Les chercheurs ont ensuite déterminé que l’explosion de la supernova avait expulsé l’équivalent de 20.000 fois la masse de la Terre en silicium, 10.000 masses terrestres de sulfure, 70.000 de fer, mais aussi près d’1 million de masses terrestre d’oxygène.

De précédentes recherches avaient aussi mis en évidence la présence d’azote, de carbone, d’hydrogène et de phosphore dans Cassiopée A. Soit tous les éléments qui, combinés à ceux récemment découverts, permettent de fabriquer l’ADN, la molécule qui transporte les informations génétiques. En clair, la supernova a propulsé dans l’espace les ingrédients nécessaires à la vie.

D’ailleurs, l’intégralité de l’oxygène présent dans notre système solaire proviendrait d’explosions semblables à celle qui a produit Cassiopée A, précisent les chercheurs. Tout comme la moitié du calcium et environ 40% du fer. Le reste proviendrait d’explosions stellaires plus petites et du résultat de la fusion d’étoiles à neutrons, mais aussi du rayonnement cosmique.” – Source originale – 12 décembre 2017

Le programme d’assemblage de ces éléments devrait alors être fourni par le rayonnement cosmique… Sinon comment assembler une telle quantité de pièces détachées si elle n’est pas accompagnée du plan de montage ?

Publié dans DECEMBRE 2017 | Commentaires fermés sur La Vie au Coeur des Soleils

Un ourson d’eau réveillé 30 ans après avoir été congelé

LEXPRESS.fr le 21/01/2016

Cet organisme microscopique, désigné sous le nom de Tardigrade, a même pondu 19 oeufs dont 14 ont éclos.

Les tardigrades, ou oursons d’eau, sont des organismes microscopiques qui, contrairement à ce que leur corps boudiné et leurs huit petites pattes griffues laissent penser, sont extrêmement résistants. Ils peuvent survivre dans l’espace, résister à l’eau bouillante et à des radiations qui tueraient n’importe quel être vivant. Mais aussi se réveiller après avoir été congelé à -20° pendant plus de 30 ans, comme le rapportent des chercheurs japonais dans la revue Cryobiologie.

La Belle au Bois Dormant se réveille

Mesurant un demi-millimètre en moyenne, le tardigrade -qui “marche lentement”, en latin- peut survivre aussi bien au sommet de l’Himalaya qu’à 4000 mètres sous la mer.

La démonstration a eu lieu à l’Institut national japonais de recherches polaires (NIPR), en mai 2014, rapporte Science et Vie qui fait état de l’étude qui rend compte de l’expérience. 30 ans plus tôt, les scientifiques avaient congelé un cube de mousse dans lequel se trouvait des oursons d’eau. Que Megumu Tsujimoto et ses collègues ont progressivement réchauffé. Trois tardigrades de l’espèce Acutuncus antarcticus -deux adultes et un oeuf- ont été libérés de la glace.

Ils ont ensuite été placés dans des capsules contenant le nécessaire pour survivre, soit de l’eau minérale et des algues microscopiques. Dès le 1er jour, le premier tardigrade -Sleeping Beauty 1- a commencé à bouger ses pattes arrière. Il s’est redressé le 6e jour et s’est alimenté dès le 13e pour une première ponte le 23e jour. L’oeuf a lui éclos six jours après sa décongélation. L’ourson d’eau qui en est sorti a non seulement survécu, mais il a également pondu des oeufs. Sleeping Beauty 2, le deuxième adulte, n’a en revanche pas eu la même chance. S’il a commencé à bouger, il a connu des difficultés pour s’alimenter et est finalement mort après le 20e jour.

La cryptobiose, pouvoir de quasi-immortalité

Mais comment ce petit organisme a-t-il pu survivre pendant 30 années en étant congelé? Grâce à un mécanisme qui intéresse particulièrement les chercheurs: la cryptobiose. Cet état proche de la non-vie, durant lequel l’activité vitale s’abaisse à 0,01 % de la normale, leur permet notamment de résister à des conditions qui seraient mortelles pour la quasi-totalité des autres formes de vie.

Pour provoquer la cryptobiose, ils rétractent leurs huit pattes et déshydratent à 99% leur organisme, remplaçant l’eau à l’intérieur de leurs cellules par un sucre non réducteur, le tréhalose, qu’ils synthétisent. Un sucre qui contient d’ailleurs une sorte d’antigel qui préserve les structures cellulaires. Pour compléter la protection, ils s’entourent d’une petite boule de cire microscopique. En outre, les tardigrades disposeraient de mécanismes de réparation de l’ADN très performants, qui pallieraient les dégâts provoqués par la congélation et la déshydratation.Suite & Source

Publié dans AOUT 2017 | Commentaires fermés sur Un ourson d’eau réveillé 30 ans après avoir été congelé

Un pari sur la vie

Claire Tervé pour Planet.fr (extraits)

A ce jour, dans le monde, un peu moins de 300 personnes ont tenté l’expérience et sont en stase dans des cuves à -190°C. De même, environ 2.200 personnes ont signé un contrat de cryogénisation.

Le procédé est plutôt simple : après avoir signé un contrat avec une société de cryogénisation, vous devez souscrire une assurance vie qui paiera l’opération, de la levée de corps à votre prise en charge dans votre vie future. “Ensuite, au moment de votre décès, dans les plus bref délais, votre corps sera plongé progressivement à une température de -190°C. Ce processus prendra cinq jours, pour éviter la formation de cristaux dans les tissus et donc la détérioration du corps. Vous serez ensuite mis dans une cuve en attendant que la science soit capable de vous ramener à la vie et de guérir vos maux, si vous en avez“, nous a expliqué Roland Missionier, éditeur du magazine français CryonicsNews et l’un des fondateurs de la Société cryonics de France. Vous pourrez ensuite profiter de votre nouvelle vie dans ce futur que vous rêviez de connaître.

La science optimiste

Si ramener les morts (gelés) à la vie semble encore utopique, la science semble pourtant sur la bonne voie. En effet, en 2004, des chercheurs du centre de recherche californien 21st Century Medicine, Gregory Fahy et Brian Wowk, ont réussi à cryogéniser un rein de lapin, à le ramener à température ambiante et à le regreffer avec succès sur l’animal dont ils l’avaient extrait. En 2010, ils ont même transplanté un rein préalablement conservé sur un autre animal.

Enfin, en 2014, au Japon, de minuscules animaux appelés “oursons d’eau” ont également été ramenés à la vie après 30 ans de congélation ! – Source

Toutefois, être ressuscité après cryogénisation n’est pas encore prévu pour tout de suite : “Je pense qu’il faudra attendre un siècle ou deux avant que cela soit possible. Peut-être même avant“, estime Roland Missionier.Suite & Source

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Cryogénisation

L‘idée de cryogéniser des êtres vivants aurait commencé à faire son chemin dès 1962. L’universitaire et médecin James Hiram Bedford, (1983-1967) est le premier homme cryogénisé de l’histoire.

Mais il y a peu de chances de le voir un jour ramené à la vie telle qu’on la souhaite : le problème de la formation de cristaux de glace, notamment dans le cerveau, était un obstacle fatal à toute tentative de réanimation.

Cette barrière aurait été finalement levée par les cryobiologistes Greg Fahy et Brian Wowk, de Twenty-First Century Medicine.

A partir de 2004, d’autres solutions ont été mises en pratique. Ensuite, le milieu des affaires s’est intéressé au problème, pour tenter d’exploiter le filon.

La perpective de se retrouver en vie, au siècle prochain, quand les causes de décès auront trouvé leurs remèdes, avait largement de quoi stimuler les aventuriers.

La plupart de ces investisseurs n’auront qu’à promettre, et engranger les loyers de leurs caissons de conservation, en reportant sur les générations suivantes la charge d’apporter des solutions et tenter des réanimations.

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Bienvenue !

Ca se met en place. J’ai maintenant plus de 200 pages à vous transmettre, et de nombreuses ressources à diffuser sur ce sujet.

Le mieux serait de publier prochainement ce livre en version papier, et de considérer ce site comme la ressource des compléments indispensables, en documents videos, audios et autres PdF à consulter pour vous faire un avis sur la question essentielle : “Pourquoi tenter de prolonger sa vie à tout prix ? Même à des conditions low-cost ?. C’est ce que nous propose cet opportuniste de John Happyfew.

Andrew Freeman qui revient d’un séjour prolongé dans l’un de ses caissons voit les choses tout autrement. Il a même un avertissement à nous transmettre avant de repasser de l’autre côté.

Publié dans AOUT 2017 | Commentaires fermés sur Bienvenue !

De la science à la SF

Radio Canada 26 novembre 2016 – Un texte de Daniel Blanchette Pelletier
Une adolescente britannique de 14 ans en phase terminale d’un cancer a obtenu le droit de faire expédier son corps aux États-Unis, après sa mort, pour être congelé. Elle croit qu’un jour, la science lui permettra de reprendre sa vie où elle s’est terminée. Mais où en est vraiment la cryogénisation ?/font>

La cryogénisation demeure plutôt marginale, même si elle existe depuis les années 60. Il s’agit d’un principe selon lequel le corps humain est congelé après la mort dans l’espoir de le ranimer dans un futur plus ou moins rapproché. Or, aucun être humain n’est à ce jour revenu à la vie.

Le professeur américain de physique Robert Ettinger a développé cette théorie de conservation éternelle du corps humain dans l’ouvrage L’homme est-il immortel? Il repose lui-même, avec ses deux épouses, au Cryonics Institute dont il est le fondateur.

Seulement deux autres instituts offrent des services de cryogénisation dans le monde, Alcor Life Extension Foundation, aussi aux États-Unis, et KrioRus, en Russie.

Cryonics Institute

Inhumation, crémation, cryogénisation…

La cryogénisation offre ainsi un troisième choix après la mort. « À vrai dire, on n’a rien à perdre, explique Stephan Beauregard, du Cryonics Institute, près de Détroit, aux États-Unis. Si ça fonctionne, tant mieux, et pour être honnête, si ça ne fonctionne pas, on ne s’en rendra pas compte. »

Ce choix demande cependant davantage de préparation, puisque le corps doit être pris en charge dès qu’il a été déclaré cliniquement mort.

Il est alors refroidi, puis branché à de l’équipement médical qui permet de maintenir la circulation du sang et la respiration, notamment. D’autres produits, injectés après la mort, assurent également sa préservation jusqu’au transport dans l’un des trois instituts de cryogénisation.

Au Canada, seule l’entreprise funéraire Magnus Poirier offre ce service à ses clients depuis qu’elle a signé une entente avec le Cryonics Institute. « On est les seuls à avoir écouté les gens qui sont venus nous voir pour faciliter ce processus », raconte le vice-président ventes et service à la clientèle, Patrice Chavegros.

Une poignée de Canadiens auraient d’ailleurs été cryogénisés, parmi les quelque 350 personnes qui ont eu recours à cette méthode à travers le monde. Leur corps a été congelé à une température de – 196 °C, dans un réservoir rempli d’azote liquide, jusqu’au jour où ils pourraient être ramenés à la vie.

« Je pense qu’avant tout, on est des gens qui aiment beaucoup la vie. On est des passionnés de science, de médecine et de nouvelles technologies », ajoute Stephan Beauregard. « On fait trop souvent ressortir le côté spécial ou grotesque de la cryogénisation », déplore-t-il également./p>

De la théorie à la science

La cryoconservation, dont s’inspire la cryogénisation, a déjà fait ses preuves dans le milieu scientifique. Des cellules ou des tissus entiers sont conservés à très basse température, comme le sperme, le sang et le tissu des ovaires.

La science a aussi permis de peaufiner la méthode, notamment par la vitrification. Développé dans les années 2000, ce procédé, comparable à l’antigel, protège des dégâts causés par le froid extrême qui rendrait autrement impossible toute réparation.

La cryogénisation a aussi adopté cette méthode afin de mieux préserver les corps, disposés la tête en bas dans des bassins d’azote liquide. Mais la fiction dépasse encore la réalité, selon la professeure à l’Université Laval, Janice Bailey. « On ne peut même pas faire la cryoconservation de beaucoup d’autres cellules simples », explique celle qui se spécialise dans les sciences animale, agricole et alimentaire. Source

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